Olivier HAGEL

Olivier - Conférence gesticulée "Chômeurs en miettes"

Thématique(s)

En bref

  • Durée : 1h20
  • Publics : tout public
  • Création : 2017

Mots-Clés

ANPE, Chômage, Pole emploi

Gesticulant.e

  • Localisation : 37110

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Une histoire bien sournoise

LE SAVIEZ-VOUS ?   En 2016,  570.000 radiations ont été prononcées contre des chômeurs inscrits au Pôle emploi. En 2017,  592.000 radiations

Soit 10 % du nombre total de personnes inscrites, toutes catégories confondues. Au sens premier, une population décimée.

La conférence gesticulée « chômeurs en miettes » a pour but de vous parler de la condition de chômeur, dans ses relations avec les institutions du chômage. Pas un mot d’économie, pas de solution autre que radicale,quoique  législative. Mais on explore le fondement du fonctionnement : la tentative affirmée de soumettre les chômeurs à la volonté des employeurs. Cela dure depuis 1904, sans interruption.

Soumission par l’assurance-chômage, par l’offre d’emploi, par le pouvoir de radiation, et depuis 25 ans, par la dictature du chiffre sur le service public.

Le sujet est polémique, afin de susciter un débat vif, si possible.
La gesticulation est provoquée par une alternance de situations vécues au Pôle emploi, et d’explications historiques, focalisées sur 2 articles du code du travail, et parsemées de très courts extraits d’essais.

21 ans agent public à l’ANPE-Pôle emploi, j’ai cherché à émerger de ce qui gâchait une partie de mon travail : ces relations de conflit entre les institutions de placement et d’assurance-chômage, et les usagers-chômeurs.

Au-delà de la volonté personnelle des conseillers, souvent bonne volonté, se jouait autre chose. Un double jeu. D’un côté, un appui réel de la part de l’Etat pour l’emploi. De l’autre, une gigantesque emprise sur les usagers, pour les amener à renoncer à défendre leurs métiers, leurs qualifications, leurs salaires. Ce qui restait sans effet du temps du plein emploi est devenue, grâce à l’augmentation du chômage, une machine à broyer.

Pourtant, rien ne se passe, où si peu. La société, les partis, la majorité des syndicats ont intériorisé cette violence insensée. 5 millions de chômeurs, c’est 5 millions de solitudes, 5 millions d’invisibles. On devient visible en s’immolant par le feu, comme l’a fait en février 2013 Monsieur Djamel CHAAR devant une agence Pôle emploi de Nantes.

Cette banalisation est l’effet de 120 ans d’histoire sociale. Quand furent inventés les bureaux de placement, les assurances-chômage, et la distinction nette entre chômage dit involontaire (par soubresauts de l’économie) et chômage dit volontaire (volonté supposée du travailleur de ne pas travailler).

Il m’a fallu du temps pour voir ces solitudes extrêmes des chômeurs, moi qui n’avait connu que la vie collective de l’usine, parfois le ras-le-bol du travail en 2×8, les tâches répétitives sans intérêt, parfois les grandes rigolades, les farces entre ouvriers, les petits sabotages pour rien, juste montrer qu’on existait, et puis les belles grèves où tout basculait !   Le pouvoir, la suffisance, l’autorité…  évaporés.

Le/La gesticulant.e

1965 : Banlieue parisienne, ouvrière et populaire. A 13 ans, 1ère expérience d'animation : apprendre les bases du jeu d'échecs à des enfants de 9-10 ans, au sein de l'école municipale. 1970 : Echec au bac, suite à une présence assidue au sein de la MJC de quartier.  Expérience magnifique, avec 1 directeur, aucun animateur salarié, et 50 bénévoles. Mai 1968 est partout. De famille ouvrière, pas question de redoubler. Je commence à travailler, sans métier. 1971 à 1980 : participation active à l'association d'éducation populaire les C.L.A.J. 1973 : CAP AFPA tourneur métaux (formation adultes). 2 ans de travail comme tourneur. Ma 1ère grève. 1976 : Embauche dans une grosse usine de Tours.  3 ans comme O.S., puis mécanicien d'entretien. Devient délégué du personnel, délégué syndical. Apprentissage des grèves, du droit syndical. 1986 : 1ers licenciements par délocalisation 1987 : Equivalence de bac   (ESEU) en cours du soir 1987– 90 : Licence de droit public (en CIF). Pendant les congés scolaires, je réintègre l'atelier. 1991: Reçu au concours de l'ANPE, comme conseiller orientation. Statut d'agent public non fonctionnaire. 2001 : Maîtrise en sciences sociales "Les relations des institutions de chômage et de ses usagers". La teneur des courriers-type de l'ANPE heurte ma conscience professionnelle. Je cherche à comprendre. 2007 : Participation à l'écriture du livre collectif  "Chômeurs, qu'attendez-vous pour disparaître ?"  Présenté par Jean-Jacques Reboux,  Editions  Après la lune . 2008 : Fusion de l'ANPE et de l'ASSEDIC, au sein du Pôle emploi.  Les agents optent à 95% pour un statut de droit privé. 2012 : Retraite 2013 : Au sein de la CGT Indre-et-Loire, je crée une "permanence chômeurs", pour appuyer et conseiller tout type de recours et réclamation au Pôle emploi. Toujours en activité.

Galerie Médias

Livres et article, auteurs et autrice utilisés ou cités (par ordre d’apparition) :

  • « invention du chômage et politiques sociales au début du siècle », TOPALOV Christian, revue Les temps modernes, 1987, n°496/497
  • L’acteur et le système, CROZIER Michel et FRIEDBERG Erhard, 1977, Seuil
  • L’emprise de l’organisation, Collectif PAGES Max, 1998, Desclée de Brouwer
  • Le culte de la performance, EHRENBERG Alain, 1991, Calmann-Lévy
  • Soumission à l’autorité, MILGRAM Stanley, 1974, Calmann-Lévy
  • Est-ce ainsi que les hommes vivent ? HALMOS Claude, 2014, Fayard
  • Code du travail : articles L.5422-1 et L.5412-1
  • Chanson des mineurs américains : Which side are you on ?  de la mine de Mr John Blair, canton d’Harlan, Kentucky

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