Une conférence gesticulée ?

D'après Franck Lepage

C’est la rencontre entre des savoirs chauds (savoirs de vie et populaires utiles à l’action collective) et des savoirs froids ( savoirs théoriques et politiques), cela ne donne pas des savoir tièdescela fait de l’orage !

D'après l'Ardeur

La conférence gesticulée est une prise de parole publique sous la forme d’un spectacle politique militant.

Construite par une personne ou un groupe à partir de leurs expériences, c’est un acte d’éducation populaire fondé sur l’envie de partager ce qu’on a compris, tel qu’on l’a compris, là où on l’a compris.
En ajoutant sa conférence à celles qui existent, chacun participe à l’élaboration d’un rapport de forces anticapitaliste et invite ceux qui la reçoivent à se poser la question de leur propre place dans ce système.
Acte subversif, la conférence gesticulée transgresse la légitimité (toujours contestée) à parler en public. Elle dévoile, dénonce, questionne et analyse les mécanismes d’une domination dans un domaine donné, souvent professionnel.

Forme scénique d’expression directe, elle ne nécessite aucune compétence théâtrale.

D'après William

C’est l’histoire d’une femme (d’un homme)  qui monte sur scène pour porter une parole politique.

Pas n’importe qu’elle parole !

On cause de son histoire, de ses idées, de celles qu’on a lues, de celles que l’on a envie de partager …
Avec des théories incarnées, on raconte, on n’explique pas, on ne fait l’économie ni de soi, ni de la complexité de la société.

Pas forcément une scène …

Ça peut-être un coin de bistrot, une salle municipale, une classe, un hall d’immeuble, sur une place, dans la rue …
Un espace avec des personnes rassemblées autour, accueillant un travail d’écriture mis en scène par la (le) conférencier-e.

Un travail d’écriture pour rendre sensible une émotion politique

Il s’agit d’un travail d’écriture, mêlant introspection et recherche-action, mis en corps et en récit. Un tressage des savoirs, issu de notre vécu, de nos lectures, de nos cogitations comme de nos émotions. L’esthétisation est nécessaire pour rendre sensible ce que nous nommons l’émotion politique : ce qui nous touche sans nous apitoyer, ce qui nous révolte sans nous rendre impuissant.

Chaque conf’ étant aussi singulière que son auteur-e, voici une liste d’éléments qui caractérisent une conférence gesticulée :

  • Un point de vue situé : on sait d’où parle le (la) conférencier.e.
  • Du récit de vie : on apprend du vécu et des expériences du (de la) conférencier-e.
  • Du savoir critique : on apprend des choses nouvelles, inattendues.
  • Un tressage de savoirs qui alterne l’empirique et le théorique.
  • Une dimension spectaculaire : on assiste à un travail du corps et des émotions.
  • Des émotions politiques : on est traversé par des affects qui nous implique, nous mobilise.
  • Un espace des possibles : le (la) conférencier.e propose des pistes pour changer la société / le monde.

Réseau des conférencier.e.s gesticulant.e.s francophones