Isabelle Meurville

1 promesse à l'endroit, 1 promesse à l'envers

Thématique(s)

En bref

  • Durée : 1h30
  • Publics : plus de 12 ans
  • Création : 2026

Mots-Clés

Capitalisme, Conditions de travail, Diplôme, Emploi, Inégalités sociales, Injonctions, Intelligence artificielle, Méritocratie, Néolibéralisme, Productivisme, Progrès, Souffrance au travail, Travail

Gesticulant.e

  • Localisation : 25300, Chaffois
  • Formation : La Coopérative citoyenne

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« Une promesse à l’endroit, une promesse à l’envers »

Journal détricoté d’une traductrice indépendante en Arnacocratie

« Une promesse à l’endroit, une promesse à l’envers »

Journal détricoté d’une traductrice indépendante en Arnacocratie

Qu’y a-t-il de commun entre arracher des armoises à s’en verdir les mains à 6 ans dans la cour d’une ferme auboise et se faire broyer par des algorithmes capitalistes après 25 ans de traduction indépendante ? Le mirage tenace, cruel et hypocrite de la méritocratie !

Dans cette conférence gesticulée, je détricote avec humour, quelques chiffres et une pincée d’acidité le grand mythe du travail libérateur. Armée sur scène d’un coléromètre gradué de la contrariété à la rage incontrôlable et d’une pelote de laine de Briard pour tricoter les mots qui manquent, je m’attaque aux définitions du mot travail. En m’appuyant sur le tripalium latin ou l’ergon grec jusqu’aux définitions plus récentes qu’apportent les sociologues du travail, je montre comment la communication publique s’évertue à légitimer les inégalités sociales sous couvert de « talents » et d’« efforts ».

En revisitant ma carrière, qui touche à sa fin, je démonte l’arnaque des statuts de microentreprise et d’autoentreprise (AE) vendus par la loi de modernisation de l’économie de 2008. Cette prétendue autonomie, brandie comme un sésame par la Startup Nation, n’est souvent qu’une stratégie d’isolement, une variable d’ajustement pour les chiffres du chômage, une privation de protection sociale selon laquelle les femmes continuent d’être discriminées, gérant des horaires éclatés et une porosité totale entre vie pro et perso pour des air-revenus (par analogie à l’air-guitare). Comment les nommer autrement, quand 50 % des AE touchent moins de 340 € par mois.

La réalité éclate un matin de juin derrière l’écran : la traduction humaine et artisanale a été détournée au profit de grands groupes internationaux capitalisés par des fonds de pension. Cinq intermédiaires invisibles gavent leurs actionnaires de dividendes sans aucune valeur ajoutée. Pendant ce temps, l’Intelligence artificielle, écocidaire, pilleuse de données, aliénante et colonialiste, transforme la traduction en un contrôle Qualité de la production machine payée dix fois moins. Face à cette injonction absurde de traiter 30 000 mots par jour pour survivre, la rupture est inévitable. En convoquant les figures historiques des Canuts et de Ned Ludd, saboteurs du XIXe siècle, je jette au caniveau les paillettes du capitalisme numérique.

Après un constat lucide que notre bonheur ne dépend pas que de nous, et qu’il est grand temps de réinventer un travail mêlant enfin l’utile et l’agréable, un travoluptile, je m’appuie sur les outils d’éducation populaire pour explorer de solides pistes d’action collective.

Bibliographie

  • L'entraide : L'autre loi de la jungle - Pablo Servigne et Gauthier Chapelle
  • Bullshit Jobs - David Graeber
  • Le communisme qui vient - Bernard Friot,Bernard Vasseur, Bernard Friot,Bernard Vasseur
  • Ce cauchemar qui n'en finit pas : comment le néolibéralisme défait la démocratie - Frank Russell Harrison
  • L'emprise numérique : comment Internet et les nouvelles technologies ont colonisé nos vies - Cédric Biagini
  • Contre-atlas de l'intelligence artificielle - Kate Crawford