Michel Benizri

Moi, Français-Juif-Arabe, Comment j’ai démissionné du sionisme

Une conférence de Michel BENIZRI

Depuis longtemps, puisque je suis né juif, mes amis me demandent « Toi qui connais Israël, explique moi comment ça va mal, là-bas! »
Pour tenter d’y répondre je propose de défaire l’écheveau en partageant un bon thé à la menthe.
L’histoire d’Israël et de la Palestine serait-elle indépendante de la nôtre ?
– Je ne le crois pas.
Serait-elle dépendante des luttes de pouvoir, de propriété, des guerres, de la pensée dominante colonialiste, raciste et nationaliste depuis le 19ieme siècle sur le continent européen  ?
– Oui, je le crois.
L’Histoire, avec un grand H, comme toute les histoires, contiendrait-elle une part de fiction et une part de merveilleux au service d’un roman national ou familial, au service des religions, au service des ambitions politiques ?
– Oui, je le crois aussi.
C’est pourquoi sur ces sujets les pinceaux de la raison s’entremêlent.
L’ambition est justement que nous confondions fiction et réel par le biais des histoires, toutes les histoires, qu’on nous raconte et qui nous fabriquent. Nous sommes la seule espèce à fabriquer des histoires et à y croire dur comme fer.
Soyons clairs, de quoi ou de qui parlons nous ? Et au fond, que croyons nous savoir réellement de ce qui se passe en Israël ou en Palestine ?
– Chaque camp croit à une autre version de la même histoire. Chaque camp considère que le conflit est entièrement de la faute de l’autre et attend des excuses.
Tout le monde se fait avoir dans cette histoire, mais certains plus que d’autres….
Parlons de la peur de « l’autre »! Sortons de cette vision du monde 19ieme siècle qui perdure  : Colonialisme, Nationalisme et Capitalisme, trois arbres habilement cachés dans la forêt…
« Moi, Français-Juif-Arabe, Comment j’ai démissionné du sionisme » est une parole d’émancipation et de réconciliation qui traverse mon histoire personnelle, mon récit familial, le récit national français et le récit sioniste.
Au bout du compte, ou du conte, c’est encore plus compliqué qu’on voudrait bien le croire…

A propos de la conférence