Mathieu DALMAIS

Mathieu Dalmais - Conférence gesticulée "De la fourche à la fourchette... Non ! L'inverse !!"

Thématique(s)

En bref

  • Durée : 1h30 à 1h45
  • Publics : Membres de toute initiative de réappropriation d'une alimentation de qualité et de transformation de l'agriculture (associtions agricoles ou citoyenne type AMAP, syndicats agricoles, associations militantes...) ou participant·es à un festival sur ce thème, et militant·es engagé·es dans des mécanismes d'aide alimentaire (épicerie solidaire, centre sociaux, élus, collectifs d'aide alimentaire) intéressé·es par l'organisation des politiques agricoles et alimentaires et la lutte pour le droit à l'alimentation
  • Création : 2019

Mots-Clés

Agriculture, Alimentation, Démocratie économique, Écologie, Économie Sociale et Solidaire, Solidarité

Gesticulant.e

  • Localisation : Saint-Etienne 42000
  • Formation : Vent Debout

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Pour une Sécurité sociale de l’alimentation

Finalisée début 2019 et jouée activement depuis, cette conférence permet de présenter les constats et réflexions qui mènent à la nécessité de construire une démocratie alimentaire en suivant le parcours de Mathieu, agronome militant membre de l’association Ingénieurs sans frontières – Agricultures et Souveraineté Alimentaire (ISF-Agrista). Dans cette seconde conférence gesticulée, après celle sur le refus du diplôme d’ingénieur agronome, il vient présenter avec chansons, liens entre alimentation et santé et perspectives historiques sur l’instrumentalisation de l’alimentation, sa rencontre avec le sujet du droit à l’alimentation au sein de la Confédération paysanne et la façon dont ça a bousculé sa manière d’envisager la nécessaire transformation de notre agriculture.
Au delà des constats, cette conférence permet également de présenter les travaux initiés par ISF-Agrista et d’inviter au débat sur le projet de Sécurité sociale de l’alimentation, aujourd’hui porté par un collectif d’organisations que Mathieu a animé pendant deux ans. Ce projet propose d’étendre le principe de cotisation pour couvrir un accès universel à une alimentation de qualité, choisie à la fois individuellement et collectivement par un fonctionnement de conventionnement démocratique. Un hommage à l’un des fondamentaux de l’égalité en France, qui ne demande rien de mieux pour être protégé que d’être étendu à d’autres secteurs !

Pour en savoir un peu plus sur le contenu :

Alors que les désastres écologiques, économiques et sociaux d’une agriculture industrielle ne sont plus à démontrer, les initiatives pour produire, transformer et consommer autrement fleurissent, des plus intéressantes aux plus détestables – mais bien trop souvent réservées à une partie seulement de la population. Les tenants de l’agriculture industrielle argumentent qu’elle est nécessaire pour nourrir les pauvres, et se réjouissent de l’existence d’alternatives éthiques juteuses, instaurant une dualisation des modèles agricoles et alimentaires qui ne remet nullement en cause leur système.

A l’autre bout de la chaîne, l’aide alimentaire, indispensable pour éviter que les plus précaires ne meurent de faim, est construite comme un soutien financier et idéologique à l’agriculture industrielle, privant ainsi du droit à l’alimentation – bien différent du droit à être nourri – plus de 7 millions de personnes en France. Et au delà des destinataires de produits de l’aide alimentaire, c’est 40% de la population française qui se sert la ceinture et se déclare insatisfaite de son alimentation.

Jean Ziegler, rapporteur des nations unies sur le droit à l’alimentation : c’est le droit d’avoir un accès régulier, permanent et libre, soit directement, soit au moyen d’achats monétaires, à une nourriture quantitativement et qualitativement adéquate et suffisante, correspondant aux traditions culturelles du peuple dont est issu le consommateur, et qui assure une vie psychique et physique, individuelle et collective, libre d’angoisse, satisfaisante et digne.

Ainsi, il apparait prioritaire d’assurer l’accès de tous à une alimentation choisie, pour assurer la dignité de tous et toutes. Or le choix n’est pas qu’un mécanisme individuel parmi des produits proposés, quand bien même le critère économique ne serait plus un frein : le véritable choix est de pouvoir choisir ce qu’il y a dans les rayons, quelles sont leurs conditions de production, quels critères économiques, sociaux et environnementaux ils respectent. C’est à dire pouvoir tous et toutes s’exprimer en tant que citoyen·nes sur notre alimentation, informés sur les enjeux, et non en tant que consommateurs·trices. A la notion de souveraineté alimentaire – décrite ainsi lors de la déclaration de Nyéleni en 2007 « droit des peuples à une alimentation [suffisante] saine et culturellement appropriée produite avec des méthodes durables, et le droit des peuples de définir leurs propres systèmes agricoles et alimentaires » – on préférera alors celle de démocratie alimentaire, pour insister sur l’importance du processus démocratique dans l’élaboration de la souveraineté pour respecter le droit à l’alimentation de tous et toutes.

Et si l’on exerçait cette démocratie alimentaire grâce à une Sécurité sociale de l’alimentation ? Il est urgent de penser comment généraliser l’accès de tous et toutes à une alimentation de qualité et choisie, sans quoi toute transformation du monde agricole est impossible, et sans quoi nous mangeons mal dans un pays riche, sans pouvoir choisir notre nourriture !

Le/La gesticulant.e

Agronome militant, Mathieu oriente son parcours autour de l'idéal démocratique de souveraineté alimentaire. Membre d'Ingénieurs Sans Frontières depuis 2008, aujourd'hui via l'association "Agricultures et souveraineté alimentaire", il prolonge également ce militantisme dans son parcours professionnel au sein d'associations et de syndicats pour une transformation sociale.
Après une première conférence gesticulée "Vous êtes l'élite de l'élite de l'élite de la France - Pourquoi je refuse mon diplôme d'ingénieur" qui propose une déconstruction de l'institution école d'ingénieur - pourquoi il est normal que cette institution forme les cadres du système agro-industriel que l'on combat ! - Mathieu présente aujourd'hui un second sujet : témoigner sa prise de conscience de l'importance de proposer un accès de tou·tes à une alimentation de qualité et des mécanismes de démocratie alimentaire pour mettre fin aux désastres économiques, sociaux et écologiques du système agro-indutriel.
Faisant suite à des mobilisations professionnelles au sein de la Confédération paysanne sur ces questions, la découverte de la thématique de l'alimentation et de l'enjeu de démocratie alimentaire a poussé Mathieu a écrire une deuxième conférence gesticulée et de lancer le travail sur le projet de "Sécurité sociale de l'alimentation" , qui a été construit avec le groupe Agricultures et Souveraineté Alimentaire d'Ingénieurs sans frontières et des échanges avec d'autres organisations comme Réseau salariat et Réseau civam. Une belle mise en avant de l'intérêt du fonctionnement originel de la sécurité sociale (universalité de l'accès, financement par cotisation, conventionnement démocratique de la production) pour penser une maîtrise démocratique d'un secteur économique. Il s'est ensuite lancé dans la construction du collectif pour une Sécurité sociale de l'alimentation, que l'on retrouve à ce lien : Sécurité sociale de l'alimentation

Galerie Médias

Voici le lien d’une tribune publiée dans Basta qui présente le projet de Sécurité sociale de l’alimentation, ainsi que ma vidéo filmée intégralement ci-dessous :

J’ajoute une autre captation vidéo de ma première improvisation sur le sujet en juillet 2018, en guise de teaser :

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