Rébecca Forster

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Je nais en 1977 dans une famille d’ouvrièr’es syndicalistes où ma passion précoce pour la lecture des Zola et autres Proust, mes journées entières passées dans les musées puis ma frénésie cinéphile, font figure d’anomalie.

A une sensibilité exacerbée et qu’on dit excessive s’associe une tendance hyperactive à la bougeotte, et quand je trouve le théâtre à moins de 10 ans, c’est une révélation !

Aujourd’hui je le sais : le théâtre m’a sauvé’e. Car je grandis aussi avec des traumatismes : l’inceste, le harcèlement scolaire, et la maladie puis la mort de ma maman.

Après des années de précarité, je finis par vivre de mon métier de comédien’ne pendant plus de quinze ans, travaillant sur des projets artistiques variés.

Mais derrière le sourire et l’effort pour paraître normal’e, mes troubles psy et neuropsy m’épuisent et me font régulièrement sombrer.

Enfin, le Covid provoque mon effondrement : je ne peux plus, j’ai trop forcé. Cette pause obligatoire m’ouvre alors pour la première fois un chemin de résilience et de résistance.

C’est à ce moment-là que nouvelle révélation : je découvre l’éducation populaire politique !

Déjà engagé’e depuis plusieurs années dans les luttes féministes et pour les droits des personnes marginalisées, je décide alors de transformer ma pratique artistique : la scène sera désormais un outil militant pour semer des graines d’émancipation.

Je me forme à la conférence gesticulée puis au théâtre de l’opprimé, au théâtre-forum, aux bibliothèques vivantes et à l’éducation populaire politique, avec le furieux désir de créer des espaces d’échanges horizontaux.

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