09/10/2026 – Fatima Chaaban – Le Marché des Douves
Méritocratie méritocratie méritocratie. S’accrocher. Bien travailler à l’école. S’accrocher sinon ocomment vais-je mériter ma place dans la société ?
Surtout porter un masque, ne pas me faire démasquer.
Quelle horreur, un handicap, c’est moche.
Et être arabe encore plus.
Et par dessus tout ça, être une fille, une femme, c’est la garantie d’être en grande situation de vulnérabilité.
Tout ça, je le cache savamment bien. Enfin, c’est ce que je crois. Plus je me fuis, plus je me mens pour coller aux normes extérieures, plus la bombe à retardement, quand elle va exploser, va faire super mal.
Cela coûte très cher de se suradapter à la société quand celle-ci ne s’adapte pas à vous.
Pourtant, on pourrait croire que j’ai réussi : études de Lettres Modernes, master de journalisme, journaliste d’entreprise dans la direction communication d’une bonne boîte. J’ai déjoué les déterminismes sociaux liés à mon handicap, mon sexe et mon origine arabe.
Un CDI en or quitté pour une reconversion professionnelle qui en mène à une autre, un bébé hors mariage avec un non-musulman (l’assimilation jusqu’au bout), mon handicap que j’avais mis au placard, la précarité alors que tout avait été fait pour la tenir au loin. Branle-bas de combat mais cette fois-ci, je quitte les illusions auxquelles j'étais bien accrochée.
J'ouvre les yeux sur les systèmes d’oppression et les rapports de domination. Je croyais me protéger de la violence de cette société en ne voulant pas la voir. A commencer par le validisme qui ne dit pas son nom mais imprègne les rapports humains, l’organisation de la société et les institutions.
Puis, en 2024, autre sortie de brouillard, avec la Fresque de la Diversité que je facilite dans les organisations pour sensibiliser aux mécanismes de discriminations.
Enfin, en 2025, avec la conférence gesticulée « Théorie de la première crêpe : recette pour rater son intégration », je montre tout ce que j’ai toujours voulu cacher.
Qu’est-ce que je croyais ? Bah non, évidemment que je ne fais pas partie des privilégiés et des dominants.
C’est pas joli du tout à voir, ça fait encore plus mal mais je sais enfin comment ça s’appelle ce pour quoi je me bats depuis si longtemps (découvrez-le en venant écouter ma conférence gesticulée). Et aussi : le début de l’émancipation, la sortie de l’emprise, la dignité debout et le sens du mot « vivre-ensemble » plus que jamais nécessaire à condition de visibiliser pour ne plus subir.
Il y a eu deux sorties de chantier :
- le 21 décembre 2025 au théâtre Vaugarni, à Pont-de-Ruan (37), près de Tours ;
- le 31 janvier 2026 chez Peuple et Culture, à Paris (11ème).
A partir de ma conférence gesticulée, j'ai créé deux anecdotes gesticulées, l'anecdote gesticulée est un format réduit de 15/20 minutes : l'une consacrée exclusivement au sujet du validisme et la seconde consacrée à l'intersectionnalité.
Qu'il s'agisse de la conférence gesticulée ou de l'anecdote gesticulée, n'hésitez pas à me contacter pour une intervention dans votre structure.