Sabine Rubin

Thématique(s)

En bref

  • Durée : 1h30
  • Création : 2025

Mots-Clés

Anarchie, Capitalisme, Démocratie, Engagement citoyen, Politique, Pouvoir

Gesticulant.e

  • Localisation : 93130, Noisy-le-Sec

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Madame la Députée!

Une sans-nom à l'Assemblée nationale

La démocratie représentative, c’est quasiment un oxymore, une alliance des contraires. Je l’ai éprouvé dès le collège avec l’élection des délégués de classe ; puis comme électrice, chaque fois trahie ; enfin, et paradoxalement, comme députée, lors de la 15ème législature, celle des Godillots En Marche (mais pas parmi eux, tout de même !)

Dans ma conférence, je partage cette expérience à l’Assemblée nationale. Elle confirme ma méfiance et ma contestation de ce système :  la démocratie représentative – historiquement issue de la révolution bourgeoise de 1789 – est bien une aristocratie de bourgeois, au sens où l’entend Flaubert : « j’appelle bourgeois, celui qui pense bas ».

En effet ! ces institutions politiques (notamment partis et assemblées) ainsi que leur fonctionnement ne permettent pas de penser. Réduisant la politique et la démocratie à l’élection, elle génère d’un côté des ambitieux à la conquête d’un pouvoir cependant bien illusoire ; de l’autre, des citoyens passifs et infantilisés.

Et si l’on revenait au fondement de la politique et de la démocratie, c’est-à-dire à « l’art de trouver collectivement les moyens de vivre ensemble, de trouver le bonheur individuel dans le bien collectif, de viser le vrai, le juste, de construire le bien collectif dont dépend le bien individuel » ?

Le/La gesticulant·e

Identité : je suis née en 1960 à Paris où j’ai longtemps résidé… avant de me replier dans la proche banlieue.

Profession: « Pionne » puis professeur de français par défaut, j’ai enfin choisi d’être au service d’un territoire pour y développer des politiques publiques, en l’occurrence d’emploi puis de développement local, au sein de la fonction publique territoriale.

Processus de politisation:

  • Fin des années 70, j’assiste en direct au développement de la société de consommation de masse depuis un poste de caissière. Je me souviens des caddies pleins et de la satisfaction béate des consommateurs. Cependant, je me délecte de littérature notamment : Montaigne, Flaubert, Balzac, Gide, Céline, Camus, Sartre, Dostoïevski qui peignent sans complaisance la société de leur temps, les mœurs et les ressorts psychologiques. Comme eux, je pose mon regard sur moi-même et sur la société de mon temps. Ça me politise….
  • Politisée donc, non dans un parti, trop dogmatique !  Mais pour un changement radical – au sens étymologique – de notre société, de ses valeurs, de son organisation. Fin des années 80, j’ai alors la chance de rencontrer un mouvement de pensée et d’action, revendiquant la transformation sociale et personnelle simultanée ; rencontrer des gens qui, alors, dénoncent déjà notre démocratie comme formelle et le rapport capital-travail, injuste et injustifiable. De diverses manières, on tente de construire un autre monde avec comme slogan l’Humain d’abord.
  • Vingt ans plus tard, ce slogan fut repris par Jean-Luc Mélenchon pour sa campagne de 2012. C’était la 1ère fois que j’entendais ce monsieur ; la seconde, ce fut en 2016 pour sa campagne de 2017 à laquelle j’ai participé si hardiment que je suis devenue députée, sans le vouloir.