Je m'appelle Rebecca et je suis une jeune artiste pluridisciplinaire élevée dans la diagonale du vide et formée aux Beaux-arts de Lyon. Actuellement, en résidence à la Cité Internationale des Arts, je suis aussi membre de la collective féministe ClubMaed et du collectif d'éducation populaire Gesticulation Grand-Est.
Pourquoi une conférence gesticulée ?
Cela me paraissait être la meilleure forme pour aborder cette dermatose qui me pesait sur le cœur. Ce mal de looseuse, de moche à lunettes, qui te bouffe le visage et te fais sentir bien comme une merde. L’acné c’est commun, banal, mais c’est rarement un sujet, sauf pour l’exterminer chez la·e dermato, ou avec du dentifrice. Pourtant, je me rendais bien compte à travers mon expérience de boutonneuse et en parlant avec d’autres que ces chtards n’étaient pas si anodins. C’est fou le dégoût de soi que ça pouvait provoquer, comment une affection si bénine pouvait autant faire souffrir, et pourquoi c’était si dur de s’en débarrasser ? Autour de moi, on avait beau avancer dans l’âge, nous étions de plus en plus nombreux·ses à avoir les joues tâchées ; d’ailleurs les pubs insta s’en donnaient à cœur joie, et les programmes payants pour se débarrasser de ses boutons fleurissaient à tout va. Les médecin·es sortaient toujours les mêmes crèmes et médocs. Et l’acné était toujours là.
C’est ce format que je voulais utiliser pour parler d’acné car je voulais réussir à articuler ce que je ressentais au fond de moi comme des dynamiques de domination mais que je n’arrivais pas encore à affirmer. J’étais persuadée que cette histoire de boutons méritait son analyse politique et je voulais y participer. Je veux raconter autre chose que la souffrance et la honte. Je veux raconter les fantômes de l’acné, les intérêts économiques, le sexisme, la norme qui prime sur la santé. Alors, durant huit mois, aux côté de neuf personnes venues raconter neuf autres histoires, j’ai construit un spectacle. Ca s'appelle Les Grumeaux, et j'ai hâte de continuer à le partager avec vous.