
Cristelle Jouglet
Je suis entrée en féminisme, tardivement, alors que mes hormones m'embarquaient dans les méandres de la préménopause. Entre bouffées de chaleur, sueurs nocturnes et brouillards cognitifs, je cherchais des explications médicales à ce que je traversais.
Et c’est chez les femmes que j’ai commencé à comprendre : Mona Cholet, Lauren Bastide, Victoire Tuaillon, Charlotte Bienaimé, Elise Thiébaut, et beaucoup d'autres sont venues me chuchoter des choses à l'oreille....
J'ai progressivement porté un regard différent sur mon corps maltraité, violenté, violé, exploité, vieillissant,un corps objet dont j'ai été dépossédé dès l'enfance, pendant l'adolescence, au cours de mes mariages, de mes maternités. Un corps sexualisé dans la sphère publique, familiale, professionnelle. J'ai mesuré l'ampleur du travail productif et reproductif fourni gratuitement pendant toutes ses années. Et j'ai compris à quel point mon histoire personnelle, intime était universelle, politique.
