Archives par mot-clé : Éducation

« Quand on veut on peut » – Pour en finir avec la méritocratie

Une conférence de Lola GUILLOT

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Est-ce que l’ascension sociale et le succès s’obtiennent vraiment par le mérite ? Est-ce que le rêve américain du type qui se construit à partir de rien, et qui devient à la sueur de son front un grand de ce monde n’est pas qu’un mythe ? Est-ce qu’un système scolaire méritocratique permet de donner des chances égales à tout le monde ? Est-ce que ce système est compatible avec l’idéal démocratique défendu dans notre société ? Continuer la lecture de « Quand on veut on peut » – Pour en finir avec la méritocratie

Transclass Express

Conférence de  Maxime Mariette

Des classes sociales aux salles de classe ou comment l’école fabrique les cancres

 

Durant cette conférence gesticulée, Maxime nous parle son enfance d’ouvrier, de ses bêtises d’école et de la découverte de SES classes sociales.  Car il est ce qu’on appelle un transclasse, c’est-à-dire quelqu’un qui est passé d’une classe sociale à une autre. Il nous aide à comprendre ce que l’on apprend réellement à l’école et comment on l’apprend. De la reproduction sociale au mythe du self made man.
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Inculture(s) 2 Et si on empêchait les riches de s’instruire plus vite que les pauvres ? Une autre histoire de l’éducation

De et par Franck LEPAGE

En 1792, la Convention auditionne le rapport du marquis de Condorcet sur l’instruction publique. Qui se souvient des autres projets d’éducation, dont celui de Mirabeau, de Talleyrand, de Rome, ou celui de Lepeletier de St Fargeau. A la différence de ce dernier qui interrogeait vraiment les conditions d’une égalité des apprentissages et des savoirs, le plan de Condorcet comporte un fort risque d’élitisme et une différenciation des citoyens par le savoir, difficulté habilement contournée par le recours ambigu au concept de « méritocratie » et l’indécente appellation « d’égalité des chances », définition littérale de l’inégalité. Deux siècles et 185 ministres plus tard, on pose toujours la question : « Comment concilier égalité des savoirs et méritocratie ? » On ne le peut pas ! La méritocratie et l’égalité sont inconciliables ! Ce sont deux principes opposés et il faut nécessairement choisir, le comble de la perversité étant de choisir la méritocratie en faisant semblant de désirer l’égalité. Si rien n’est fait pour changer l’école vers une école réellement égalitaire, le « marché éducatif » tel que promu par le traité constitutionnel européen imposé contre l’avis des Français règlera la question en mettant fin à l’éducation nationale et en libéralisant l’acte éducatif.

Le spectacle utilise l’image du parapente (l’ascension aérologique) comme métaphore de l’ascension sociale. C’est donc tout autant une leçon de parapente. L’école reproduit les hiérarchies sociales, les confirme, les légitime. Ce n’est pas une école de l’égalité mais de l’inégalité, rebaptisée « égalité des chances ». C’est l’école de Condorcet. Pourtant, savoir cela, (et l’avoir vérifié personnellement) ne nous avance guère pour agir.

La conférence emprunte à différents auteurs (François Dubet, Bernard Defrance, Jean Louis Derouet, Nico Hirtt, Bernard Charlot, André Antibi, Samuel Joshua, etc. ) et articule différents enjeux d’aujourd’hui :

  • Les pédagogies reproductrices d’inégalité : la notation individuelle, la « constante macabre »… (André Antibi).
  • La réussite scolaire et le rapport au savoir : l’école ne récompense pas le travail mais le plaisir (Bernard Charlot).
  • Les méthodes pédagogiques sans moyens supplémentaires,  qui confortent les inégalités d’accès au savoir (Samuel Joshua).
  • La confusion entre démocratisation et massification, la confusion entre l’erreur et la faute, le viol par l’école de tous les principes qui fondent une démocratie (nul ne peut se faire justice à soi-même mais l’enseignant note son propre enseignement, nul ne peut être puni pour un crime qu’il n’a pas commis mis les punitions collectives sont légion, etc.) (Bernard Defrance).
  • Le décrochage radical entre école et emploi, l’ineptie d’une école adaptée au « marché du travail ». Le contre exemple de l’université libre et ouverte aux travailleurs de Paris 8 Vincennes, entre 1969 et 1980, université sans notes, sans Bac, creuset qui a démontré qu’on pouvait se passer de la notation, et qui a été rasée par Jacques Chirac, Maire de Paris, en 1980.
  • La fin programmée des systèmes nationaux d‘éducation et la mise en place d’un « marché éducatif » (Nico Hirtt).
  • La coexistence impossible des trois missions (éduquer, instruire, former) dans une société de chômage de masse (Jean Louis Derouet).
  • Etc.

L’arnaque de la princesse

Une conférence gesticulée de Antinéa

« Tout commence avec une chanson populaire…chanson coquine ou hymne au viol ?

Une petite fille habillée en princesse qui, en grandissant, découvre l’arnaque. Éduquée à être belle, douce, serviable, aimante, elle se retrouve discriminée, exploitée, humiliée, violentée. Il est où, à ce moment là, le foutu prince charmant ?!!

Éducation sexiste et culture du viol : deux pièces d’un même puzzle ?

Venez faire un p’tit tour dans mon enfance, j’ai quelques gros mots à vous en dire ! »

Parents dans la Mêlée

Transformer l’essai avec nos ados

Une conférence d’Isabelle PENIN

Notre enfant chéri, chair de notre chair, objet de notre attention, projection de notre réussite parentale aborde la phase très médiatisée que représente  l’adolescence.

Aux premiers signes de changement comportemental, plus averti que jamais que nous risquons gros, nous pouvons compter sur les conseils avisés qui pleuvent sur les parents d’ados :  Gardez votre calme! Rappelez vous que ce n’est qu’une passade! Acceptez d’avoir le mauvais rôle!

Autant d’injonctions qui laissent entendre que vous êtes d’une neutralité parentale à toute épreuve, au service continu de votre rejeton. Mais nous, adultes? Qui sommes nous à ce moment de la partie?

A 12 ans, ma fille a intégré une équipe de rugby. En la voyant s’entraîner, j’ai eu une révélation. L’apparent chaos que représentait ce sport pour une profane telle que moi, doublé de la ferme volonté de ces jeunes sportifs à vouloir poser leur ballon derrière la ligne, m’a immédiatement fait penser à l’adolescence. Donc, à peine en vue du collège: Début du match.

Pour nos enfants, l’objectif est clair : passer les lignes pour marquer l’essai.  L’essai de l’indépendance, de la maturité, l’essai de la vie d’adulte qui s’annonce. Pour se faire, ils ont un allié de poids qui est aussi leur pire ennemi : la cohorte d’hormones et de neurotransmetteurs qui régulent la majeure partie de leur développement.

Une évidence m’est apparue en rendez-vous de médiation familiale. Les parents que j’ai devant moi ne se contentent pas de ce match. Ils pratiquent d’autres sports en même temps. Certains participent à un course d’endurance avec leurs propres parents, d’autres viennent d’entendre sonner le premier round de la fin d’une union, d’autres encore entament la deuxième discipline de leur triathlon professionnel. Bref, le parent n’est pas un bouclier de percussion, inerte et voué à l’entraînement des joueurs. Il a aussi sa vie à gérer tout en assumant les phases de développement de ses enfants.

La question est : sortira-t-il indemne de ce match en particulier et parviendra-t-il à transformer l’essai ? Parents dans la mêlée est un spectacle pour les parents (et pour leurs grands enfants) pour faire le tour des fondamentaux, car on ne se lance pas dans un match sans connaître les règles et les techniques de jeu. C’est un « Viva ! » aux parents qui participent à toutes les épreuves en même temps mais aussi un rappel que le sport prône le collectif au moment même ou notre société glorifie l’individualisme.

Délivrons nous du mâle !

 

 Une conférence de Jean HORGUES-DEBAT

On ne nait pas homme on le devient … ou pas !

Cette conférence aborde un sujet sensible et délicat, car il relie l’intime, l’inconscient, nos convictions personnelles aussi bien que la société et la politique….

L’égalité homme femme nous concerne tous (et pas seulement les femmes).  La question que je vais essayer d’aborder, en tant qu’homme, est celle du patriarcat : d’où il vient,  comment il se transmet, hier comme aujourd’hui ?

A partir de ma petite expérience d’homme lambda,  qui tente en plus d’être un allié du féminisme, et  de différentes sources universitaires et militantes,  je propose une grille d’analyse autour du mythe de la virilité qui nous emprisonne depuis des millénaires, les femmes comme la plupart des hommes.  Nous libérer du viriarcat demande de lutter pas seulement contre ses effets néfastes, mais aussi de l’attaquer à la source, pour nous en délivrer individuellement et collectivement. (d’où le titre ! )

Dans Une pensée en mouvement (Odile Jacob, 2009), Françoise Héritier écrivait :« Le point aveugle de l’anthropologie se situe dans le questionnement du statut du masculin… et plus précisément du masculin adulte… la virilité adulte dont on ne parle pas ». Souvent au cours de ces interventions, Françoise Héritier évoquait la nécessité de transformer la vision masculine, c’est-à-dire la vision que les hommes ont de la compréhension et de l’organisation du monde. Au risque d’en heurter beaucoup, elle pensait qu’il ne revenait pas qu’aux femmes de transformer les représentations et les injonctions dont elles étaient les victimes, mais que femmes et hommes devaient ensemble transformer la vision masculine du monde, voire qu’il fallait convaincre les hommes de s’attaquer par eux-mêmes aux représentations dont ils étaient tout à la fois les bénéficiaires et les victimes.

Cela interroge la construction de la masculinité, ou plutôt sa déconstruction pour en inventer de nouvelles… Vaste chantier !

La conférence s’appuie sur une biblio assez fournie que je propose aux participants qui désirent approfondir certaines thématiques abordées : bibliographie conf masculinités

Déconne pas Manu

Conférence gesticulée réalisée par Renaud NAPOLEON

Titre : Déconne pas Manu

Sous-titre : Pourquoi les jeunes sont la caution nécessaire d’un système qui déraille ?

Synopsis : Les jeunes et les hobbits même combat, sous prétexte d’un voyage initiatique on se sert d’eux pour essayer d’administrer une cure de jouvence à un monde immobile et vieillissant. Heureusement ils peuvent trouver les armes pour les retourner contre les saigneurs des agneaux.

Mais encore : En utilisant des personnages et des scènes de l’ouvrage de Tolkien « le seigneur des anneaux » cette conférence  va mettre en évidence la façon dont les adultes en général instrumentalisent les jeunes. En effet, ayant longtemps été la caution jeune d’une fédération populaire, qui par ailleurs prône la participation des enfants et des jeunes, je peux aujourd’hui dire qu’on me faisait croire que j’étais « Aragorn » (le roi des humains) alors que je n’étais et suis toujours qu’un « hobbit » (créature fragile et manipulée). Heureusement mon parcours à mis en lumière quelques armes, quelques méthodes et outils de l’éducation populaire que je compte donner au plus grand nombre.