Mathieu Dalmais - Conférence gesticulée "De la fourche à la fourchette... Non ! L'inverse !!"

Date

  • Jour : 15 Mar 2024

Lieu

  • Centre social et culturel les 7 lieux
01110 Plateau d'Hauteville, France Auvergne-Rhône-Alpes Voir la carte

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De la fourche à la fourchette… Non ! L’inverse !!

Pour une Sécurité sociale de l'alimentation.

"De la fourche à la fourchette" est un slogan classique, parmi d'autres comme "de la terre à l'assiette", "du champ à la table", des circuits courts alimentaires : ces alternatives de distributions qui visent à relocaliser la production et la consommation alimentaire, et parfois plus - produire plus écologiquement, mieux rémunérer la production agricole. Une urgence face aux désastre du complexe agro-industriel !
"Non ! L'inverse !!" insiste sur la prise de conscience de l'auteur de l'incapacité de ces circuits à généraliser la transformation nécessaire de notre système agricole et alimentaire et de la nécessité de réfléchir à l'inverse, en partant de celles et ceux qui mangent, de tout le monde, pour piloter un autre fonctionnement agricole et alimentaire.

Finalisée début 2019 et jouée activement depuis (la 150è prévue en février 2023), cette conférence permet ainsi de présenter les constats et réflexions qui mènent à la nécessité de construire une démocratie dans notre alimentation en suivant le parcours de Mathieu, agronome engagé personnellement et professionnellement pour la souveraineté alimentaire et la transformation des systèmes de production agricole et alimentaires. Dans cette seconde conférence gesticulée, après celle sur le refus du diplôme d'ingénieur agronome, il vient présenter avec chansons, liens entre alimentation et santé et perspectives historiques sur l'instrumentalisation de l'alimentation, sa rencontre avec le sujet du droit à l'alimentation au sein de la Confédération paysanne et la façon dont ça a bousculé sa manière d'envisager la nécessaire transformation de notre agriculture.

Au delà des constats, cette conférence permet également de présenter les travaux autour du projet de Sécurité sociale de l'alimentation, aujourd'hui porté par un collectif d'organisations que Mathieu a impulsé et animé pendant plus de deux ans. Ce projet propose d'étendre le principe de cotisation pour couvrir un accès universel à une alimentation de qualité, choisie à la fois individuellement et collectivement par un fonctionnement de conventionnement démocratique. Un hommage à l'un des fondamentaux de l'égalité en France, qui ne demande rien de mieux pour être protégé que d'être étendu à d'autres secteurs !

 

Pour en savoir un peu plus sur le contenu :

Alors que les désastres écologiques, économiques et sociaux d’une agriculture industrielle ne sont plus à démontrer, les initiatives pour produire, transformer et consommer autrement fleurissent, des plus intéressantes aux plus détestables - mais bien trop souvent réservées à une partie seulement de la population. Les tenants de l’agriculture industrielle argumentent qu’elle est nécessaire pour nourrir les pauvres, et se réjouissent de l’existence d'alternatives éthiques juteuses, instaurant une dualisation des modèles agricoles et alimentaires qui ne remet nullement en cause leur système.

A l'autre bout de la chaîne, l'aide alimentaire, indispensable pour éviter que les plus précaires ne meurent de faim, est construite comme un soutien financier et idéologique à l'agriculture industrielle, privant ainsi du droit à l'alimentation - bien différent du droit à être nourri - plus de 7 millions de personnes en France. Et au delà des destinataires de produits de l'aide alimentaire, c'est 40% de la population française qui se sert la ceinture et se déclare insatisfaite de son alimentation.

Jean Ziegler, rapporteur des nations unies sur le droit à l'alimentation : c'est le droit d'avoir un accès régulier, permanent et libre, soit directement, soit au moyen d'achats monétaires, à une nourriture quantitativement et qualitativement adéquate et suffisante, correspondant aux traditions culturelles du peuple dont est issu le consommateur, et qui assure une vie psychique et physique, individuelle et collective, libre d'angoisse, satisfaisante et digne.

Ainsi, il apparait prioritaire d'assurer l'accès de tous et toutes à une alimentation choisie, pour assurer la dignité de chacun. Or le choix n'est pas qu'un mécanisme individuel parmi des produits proposés, quand bien même le critère économique ne serait plus un frein : le véritable choix est de pouvoir choisir ce qu'il y a dans les rayons, quelles sont leurs conditions de production, quels critères économiques, sociaux et environnementaux ils respectent. C'est à dire pouvoir tous et toutes s'exprimer en tant que citoyens sur notre alimentation, informés sur les enjeux, et non en tant que simple consommateur. Une autre façon de marquer la convergence entre la notion de souveraineté alimentaire - décrite ainsi lors de la déclaration de Nyéleni en 2007 "droit des peuples à une alimentation [suffisante] saine et culturellement appropriée produite avec des méthodes durables, et le droit des peuples de définir leurs propres systèmes agricoles et alimentaires" - avec celle de mettre de la démocratie dans son alimentation, de socialiser notre agriculture et notre alimentation.

Et si l’on exerçait cette démocratie alimentaire grâce à une Sécurité sociale de l'alimentation ? Il est urgent de penser comment généraliser l’accès de tous et toutes à une alimentation de qualité et choisie, comment orienter démocratiquement notre système agricole et alimentaire, sans quoi toute transformation du monde agricole est impossible, et sans quoi nous mangeons mal dans un pays riche, sans pouvoir choisir notre nourriture ! Retour sur les réflexions qui ont amené au lancement de ce projet à partir de 2017 et actualités de ses multiples rebonds.

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